01 - Désiré à l'Escale Tournefeuille 2 - PMU
 

Jorge Pardo

Une spectaculaire accaparation de l’espace des collections romanes au Musée des Augustins.


Jorge Pardo est né à la Havane en 1963.
Il vit et travaille à Los Angeles.

L’ensemble unique de chapiteaux romans des XIe et XIIe siècles conservé par le musée des Augustins est l’un des trésors du patrimoine toulousain.
L’artiste américain Jorge Pardo, internationalement reconnu pour son oeuvre à la frontière de l’art, du design et de l’architecture, a été invité à repenser la scénographie de la collection pour en sublimer la photogénie. L’installation restera en place plusieurs années.

Tour à tour peintre, designer, architecte ou scénographe, Jorge Pardo est l’artisan d’à peu près tout ce qui l’entoure – meubles, lampes, atelier, maison – et son oeuvre bigarrée semble n’être qu’un prolongement de cette première intention. Depuis une vingtaine d’années, il n’a eu de cesse de remettre en question les catégories et les hiérarchies esthétiques en s’appuyant sur l’ambiguïté d’un système où l’art est méthodiquement désamorcé et le fonctionnel presque toujours déshabilité : ses peintures ne sont pas véritablement des tableaux,
ses chaises ou ses tables pas complètement du mobilier et il ne s’agit plus tant pour le spectateur d’apprécier l’art que de le chercher. La démarche éclectique de Pardo n’est pas sans précédent. Elle rappelle quelques grands épisodes de la modernité comme les recherches du Corbusier ou des artistes de Stijl, bien que chez lui, toute trace d’utopie ou toute formalisation idéologique ait été évacuée. Mais ce qui est peut-être plus particulier à Pardo, c’est sa volonté de maintenir les divers objets qu’il produit dans le champ de l’art en manipulant tous les rouages de la mécanique qui va de l’atelier au musée. Alors que le MOCA de Los Angeles décide de lui consacrer une monographie en 1997, Pardo convainc l’équipe du musée de délocaliser l’exposition dans une maison dessinée et construite pour l’occasion. Pendant 5 semaines, 4166 Sea View Lane est une sorte de sculpture à parcourir, ouverte aux visiteurs et remplie par les oeuvres de l’artiste avant que celui-ci n’y emménage avec sa famille dès la fi n de l’exposition. Dix ans plus tard au MOCA de Miami, c’est cette fois l’espace domestique qu’il fait entrer au musée, cloisonné en plusieurs zones – « Bedroom », « Kitchen », « Living room », « Dining room » ou « Garden » - où cohabitent à la fois lits, étagères, tables, lampes ou banquettes créés par l’artiste et toute une documentation sur son oeuvre, imprimée et collée aux murs à la manière d’un papier peint. Très commentés, ces deux projets illustrent radicalement le travail
de nivellement entrepris par l’artiste dans le champ de l’esthétique et sa volonté de contester au musée son pouvoir catégorisant.

À Toulouse, Pardo est invité à montrer une autre facette de son travail en imaginant une nouvelle mise en scène pour la centaine de chapiteaux romans exposés aux Augustins. Exposition dans une exposition, œuvre à destination d’une œuvre, une fois de plus, son intervention devrait faire peu de cas des typologies pour célébrer le simple plaisir de créer dans le style baroque et coloré qui le caractérise.


 
21 rue de Metz - 05 61 22 21 82
- www.augustins.org
- www.toulouseartfestival.com


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