Le Citron Bleu - Toulouse 1 - Grenier de Toulouse 3 -PMU
 

Hessie, Survival Art

Une écriture contemporaine du fil et de l’aiguille.
Aux Abattoirs du 29 septembre au 4 mars.


Hessie s’est éteinte, lundi 9 octobre, à l’âge de 81 ans.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/arts/article/2017/10/12/la-plasticienne-hessie-est-morte_5199843_1655012.html#0PFUm62etyohMlaP.99

Femme, autodidacte, immigrée, Hessie est une des rares artistes de couleur active sur la scène française des années 1970. A partir de la fin des années 1960, celle-ci a développé une œuvre singulière, faisant de la broderie et du collage un message de survivance et de féminisme. Comme d’autres artistes de sa génération, elle se réapproprie cette pratique féminine artisanale pour en faire une écriture contemporaine du fil et de l’aiguille.

La manière dont Hessie fait sienne une activité longtemps considérée comme archaïque et anonyme par l’histoire la rapproche pourtant des avant-gardes, notamment des développements abstraits du minimalisme, tout comme des mouvements sociaux de libération des femmes. Cette première exposition d’envergure dans un musée français depuis près de quarante ans participe à la redécouverte entamée il y a quelques années d’une artiste longtemps marginalisée par l’histoire de l’art.

L’histoire de Hessie résonne aussi comme celle d’une femme du XXe siècle dans un monde globalisé, y compris dans le mystère qu’elle continue d’entretenir autour des événements de sa vie. Née en 1936 dans une famille métissée des Caraïbes, Hessie quitte l’île de Cuba pour un périple, notamment américain, avant de s’installer en 1962 avec le peintre Dado, à Hérouval, en Haute Normandie à une heure de Paris, dans un moulin cédé par le collectionneur Daniel Cordier. Dans cette maison où elle vit toujours, Hessie (Carmen Lydia Djuric) s’aménage rapidement un atelier qui lui permet de se retirer comme dans une bulle de création pour tisser les trames d’un temps domestique. Dans cette "chambre à soi", selon l’expression de Virginia Woolf, elle développe une œuvre hors temps, hors case, qu’elle a poursuivie jusqu’à aujourd’hui. S’appropriant des matériaux pauvres, domestiques (papiers, vêtements, déchets, poils, poussières…), féminins (tissus, fils, boutons) ou liés à l’enfance (jouets), elle donne pourtant forme à un langage plastique rigoureux, minimal et souvent abstrait. Tout en échappant aux catégories établies, son œuvre reste puissamment contemporaine. Pour la critique d’art Aline Dallier, elle fait alors partie des "Nouvelles Pénélopes" qui usent du langage féminin pour le subvertir. Quant aux séries d’œuvres brodées ou collées - Grillages, Végétations, Bâtons pédagogiques, Ecritures, Trous, Déchets ou Boîtes -, elles témoignent aussi d’affinités avec des mouvements contemporains tels que le minimalisme, le process art, l’antiform, le soft art, mais aussi l’arte povera et Support/Surface.

76 alées Charles-de-Fitte - Toulouse - 05 34 51 10 60
- www.lesabattoirs.org


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